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26/06/2009

Décrépite



Un étalage de douceurs dans une boutique, quelques pièces dans une poche, le ventre qui grouille et la faim qui monte.
Ses mains crochues passaient entre les boîtes qui contenaient des friandises acidulées, elle choisit la plus jolie et la plus ornementée.
Le boutiquier n'était pas présent, elle regarda aux alentours de sa silouhette grêle. Personne.
Elle ravit cet écrin et rentra chez elle.
Sa bicoque était-ce qu'elle possédait de plus précieux.
Ses pieds sales qui exhalaient une odeur cadavérique, traversaient les décombres de nourritures, d'os, et de merdes.
Elle posa sa boite sur la table, seule mobilier de son taudis, elle l'ouvrit pour en ressortir une bille nacrée, qu'elle suça goulument.
Le parfum mentholé envahissait sa bouche sèche et rugueuse, elle goba cette pastille après quelques instants.

Le lendemain, elle gerbait du sang, elle se crevait de douleur, recroquevillée dans un coin de sa maisonnette.
L'insecte qui avait pris congé dans cette friandise, logeait désormais dans les intestins de cette vieille.
Il se régala, il bouffait intégralement cette rombière, se foutant éperdument de la douleur infligée.
La croulante usa de ses dernières forces pour se pendre.

12/06/2009

Potelée



Enfant, elle dormait chaque nuit avec son Père, ce dernier l'aimait avec fureur.
Il la baisait souvent, et cela, par tous les trous.
Enfant, elle tissait tous les jours avec sa Mère, cette dernière l'enviait avec vigueur.
Elle lui plantait des aiguilles rubigineuses dans sa vulve défoncée, et cela, aussi souvent que peut.
Jeune femme, elle était la plus jolie : grasse, avec un teint de lait, des joues roses joufflues, des cheveux blonds éparpillés au sommet de son crane dans un opulent chignon à faire bander mille hommes . Imbue de ce corps, elle jouissait des cadeaux qu'on lui faisait. Cafards, lombrics, blattes, isoptères, et les éphémères étaient ses présents favoris.
Son père était enfin mort , son chibre avait été arraché, mastiqué et avalé. Potelée (l'appétissant prénom de la jeune femme ) avait dégobillé ce repas incestueux.
Sa mère était enfin morte, ses mamelles lacérées, broyées et avalées. Potelée (le ragoûtant prénom de la jeune femme) avait déféqué ce repas soupçonneux.

17/05/2009

Plectrude


Son coeur creux et sec, ses yeux pales et cernés, ses mains douteuses et salopées , ses cheveux crottés et gras, ses vêtements souillés et dépecés, sa peau crouteuse et purulente, ses dents déchaussées et cariées, Plectrude titubait dans la forêt à la recherche de son prince croquant, une fois trouvé, elle le déchiqueta entre ses canines. La peau tendre et charnue de cet Amour remplissait son estomac vide et affamé.
Elle éructa.

Titre simple et efficace qui annonce un bon début.


À regarder de plus près, les photomatons sont des drôles d'engins, polaroïdes géants ou créatures monstrueuses qui nous avalent crus, afin de nous recracher aussi sec après avoir imprimées nos âmes sur du papier glacé.
La voix mécanique est sinistre et les ordres qui sont lancés arbitrairement par cette boite de ferraille tétanisent. Les jambes flagellent, les perles salées dégoulinent sur le front moite.
L'oeil de la machine le dévisage, elle observe attentivement les moindres traits et rides.
Qui osera lever les yeux, et la regarder en face ?
De coté et hésitant, les deux globes se posent malgré tout sur la ferraille hostile de l'engin, automatiquement, le reflet est renvoyé. La panique s'installe. Les spasmes s'attaquent avec vigueur au corps entier. L'automate est malin, à travers sa vile carcasse qui semblait creuse, sommeille en fait, un esprit malin qui cherche à nuire à l'être humain !
Les mains passent sur le visage et épongent le suintement, elles redescendent aussitôt vers le bas du corps pour saisir un sac, elles le vident de son contenu. Avides de trouver un saint objet pour assainir cet atmosphère pourrie.
Un, deux et trois. Trois coups sont ainsi portés à l'appareil, hélas, la lame glisse sur la paroi froide, pour dévier et se planter dans un des deux yeux, elle retombe enfin au sol, dans un bruit sourd.
Le sang gicle, coule et se répand dans la cabine, un flash brutal, puis un silence macabre.
La bécane s'exécute, elle produit des petits bruits, des couinements stridents pour accoucher de sa création.
La photographie est réussie.

Bienvenue :)

Si tu aimes Roselyne Bachelot, ce blog est fait pour toi !